Le vote passé au Sénat, lors de la séance exceptionnelle du 27 janvier, pourrait marquer le retour en force de l’acétamipride dans les champs. Cette proposition, portée par Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (Union centriste), dont l'Héraultais Jean-Pierre Grand est signataire, s’inscrit dans un objectif affirmé par ces derniers : “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur.”
Vers un retour du “tueur d’abeilles” ?
L’acétamipride, membre de la famille des néonicotinoïdes, est pointé du doigt comme l’un des principaux responsables du déclin des abeilles et autres pollinisateurs, essentiels à l’équilibre écologique. En 2018, la France a pris une décision radicale : interdire tous les néonicotinoïdes, y compris l’acétamipride. Pourtant, face à la crise que traversent les agriculteurs, notamment ceux de la filière noisette, ce pesticide fait son retour sur la table des débats.
Suite au vote des sénateurs et bien que le gouvernement se soit opposé à une réintroduction totale, il a choisi de prendre une position ambiguë, émettant un “avis de sagesse” : ni pour, ni contre, laissant la porte ouverte à une dérogation exceptionnelle.
Dans les couloirs du Sénat, Jean-Pierre Grand n’a pas hésité à défendre son choix. Interrogé par un journaliste de Vakita, il a affirmé avec fermeté : “Les agriculteurs sont les premiers écologistes”, et a insisté sur le fait que l’État ne pouvait pas laisser les producteurs dans l’impasse face aux insectes, comme la punaise diabolique, qui ravagent les récoltes.
La récolte de la révolte
Cette décision a déclenché une vague de protestations. Depuis Montpellier, le Parti Animaliste a vivement réagi dans un communiqué, qualifiant la réintroduction de l’acétamipride de “pesticide meurtrier”. Pour eux, il s’agit d’une régression écologique majeure. “L’acétamipride, c’est la biodiversité en danger”, avertissent-ils, affirmant que ce retour en force de ce produit “n’est pas une option acceptable”.
Le groupe “Choisir l’écologie pour Montpellier” a immédiatement pris position, adressant un communiqué dans lequel il interpelle frontalement Jean-Pierre Grand. “Vous êtes responsable d’une décision qui menace de détruire notre biodiversité”, lui écrivent-ils. Ces élus rappellent fermement l’engagement pris par la France en 2018 d’interdire ces substances, un engagement que, selon eux, le vote du Sénat met en péril, remettant en question les efforts accomplis pour protéger notre environnement.





