Ce mercredi 7 janvier, la Confédération paysanne a voulu provoquer un moment de vérité politique. Partie du rond-point de Vendargues, lieu emblématique des mobilisations agricoles, une délégation du syndicat s’est rendue jusqu’au site d’Alco, siège du Département de l'Hérault, avec un objectif clairement assumé : obtenir des élus une position publique, lisible et assumée sur des dossiers que le monde agricole juge désormais vitaux.
“On est venus chercher un positionnement clair. On ne peut plus continuer avec des responsables politiques qui ne disent rien”, résume Nicolas Vitou, manadier à Restinclières, adhérent de la Confédération paysanne et l’un des artisans de la rencontre. Pour le syndicat, le constat est sans appel : l’abattage systématique des cheptels en réponse aux crises sanitaires, tout comme l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, restent largement absents du débat politique local et national.
Kléber Mesquida sort du silence
Sur ces deux sujets, Kléber Mesquida a répondu. Le président du Département s’est prononcé publiquement contre l’abattage automatique des cheptels, une pratique qu’il juge inacceptable. “L’abattage systématique, ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas une solution durable”, a-t-il affirmé, appelant à “chercher et construire des alternatives qui permettent d’éviter d’en arriver là”.
Une déclaration saluée par la Confédération paysanne, qui dénonce depuis des mois une gestion des crises sanitaires jugée brutale, déconnectée des réalités humaines et économiques des exploitations. “Derrière l’abattage, il y a des éleveurs, des familles, des territoires. On ne peut pas continuer à traiter ça comme une simple variable administrative”, insiste Morgane Bara, éleveuse et porte parole de la Confédération paysanne 34.
Questionné sur le sujet, le président du département a également exprimé son opposition à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. “Cet accord va mettre nos agriculteurs en concurrence avec des productions qui ne respectent ni les mêmes normes sanitaires ni les mêmes exigences environnementales”, a déclaré Yvon Pellet, vice-président délégué à l'économie agricole, rejoignant ainsi les alertes portées de longue date par la Confédération paysanne.
Un silence assourdissant
La Confédération paysanne regrette que ces sujets “n’aient jamais pris l’ampleur qu’ils méritenté” aux niveaux local, départemental, régional et national. Cette absence de débat public a contribué à un sentiment d’épuisement profond chez les agriculteurs mobilisés. “On est fatigués. Maintenant, on a besoin de savoir sur qui on peut compter”, pointe Morgane Bara.
Dans cette logique, la journée d’Alco marque le début d’une nouvelle phase de mobilisation. Le syndicat annonce “qu’il va désormais s’adresser directement aux députés et aux sénateurs” afin de recueillir un maximum de prises de position publiques. “Les maires seront également sollicités, en tant que relais politiques de proximité”.
Et pour ceux qui refuseraient de répondre ou choisiraient de rester silencieux, la Confédération Paysanne entend aller plus loin. “S’ils ne répondent pas, on ira les voir. Directement. On ira à leur rencontre”, annonce Nicolas Vitou, un large sourire aux lèvres.





