Lors d'une réunion de crise à la préfecture de l’Hérault le mardi 6 janvier, sous l’autorité de la préfète Chantal Mauchet, les représentants de la filière conchylicole, les services de l’État, les collectivités et les partenaires bancaires ont fait le point sur les conséquences de la suspension provisoire de la récolte et de la commercialisation des huîtres, moules et palourdes de l’étang de Thau.
Décidée le 30 décembre pour une durée de 28 jours, cette mesure sanitaire fait suite à plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation d’huîtres contaminées par le norovirus. Les restrictions s’appliquent aux coquillages récoltés à partir du 19 décembre. Les premières investigations évoquent un lien avec de forts épisodes pluvieux des 15 et 16 décembre puis du 21 au 23 décembre, ayant entraîné des déversements d’eaux usées, infectées par le norovirus, dans le bassin conchylicole.
Déjà fragilisée par les précédentes crises du norovirus en 2022 et par l’épisode de malaïgue de l’été 2025, la filière subit de lourdes pertes économiques : chute du chiffre d’affaires, destruction de stocks, tensions de trésorerie et inquiétudes sur la confiance des consommateurs.
Année blanche sur la redevance des déchets conchylicoles
Pour y faire face, plusieurs aides ont été annoncées. Le conseil départemental de l’Hérault envisage l’exonération de la redevance portuaire, tandis que Sète Agglopôle Méditerranée propose une année blanche sur la redevance liée au traitement des déchets conchylicoles. L’État rappelle la possibilité d’étalements de dettes fiscales et sociales, ainsi que des allègements de redevances domaniales. La Banque de France invite les professionnels à recourir à la médiation du crédit et à solliciter des aménagements bancaires.
Parallèlement, le guichet d’indemnisation de la crise de la malaïgue ouvrira dès la semaine prochaine, avec un barème révisé en concertation avec la profession. À plus long terme, l’État et les collectivités annoncent vouloir accélérer les mesures structurelles de prévention, telle que l’amélioration des réseaux d’assainissement et du fluvial et le développement des réponses de mise à l’abri. Une campagne de communication sera aussi déployée pour restaurer l’image des coquillages de l’étang de Thau et promouvoir ce savoir-faire local.





