Pouvez-vous vous présenter ?
Gilles Parmentier : J’ai 32 ans. J’habite Mauguio depuis 2018 et j’ai grandi en banlieue parisienne. J’ai travaillé à la Région Occitanie comme collaborateur d’élu, ce qui m’a amené à descendre dans la région de Montpellier en 2016. J’ai ensuite été collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale et je viens de terminer trois ans au cabinet de Louis Aliot à la mairie de Perpignan. Je ne suis pas marié et je n’ai pas d’enfants.
Quels sont selon vous les principaux enjeux de la commune ?
Je suis conseiller municipal d’opposition et conseiller d’agglomération depuis 2020. Le problème de Mauguio-Carnon, c’est qu’il faut toujours scinder la commune en deux, car les problématiques sont différentes. À Carnon, ce qui m’a frappé, c’est le désintérêt et le manque d’investissement chronique. Le plan Carnon 2030, présenté comme le grand plan du mandat, prévoit 10 millions d’euros sur 10 ans, soit 1 million par an. Dans le même temps, la commune a investi entre 50 et 60 millions d’euros sur le mandat. Cela représente environ 6 millions d’euros pour Carnon sur un mandat, alors que le stationnement payant à Carnon rapporte à lui seul 2 millions d’euros par an. Il y a donc un vrai déséquilibre et un besoin d’investir davantage pour assurer un service public équivalent à celui de Mauguio.
Cela concerne quels domaines en particulier ?
Les infrastructures, le soutien à l’animation de la station, la vie quotidienne. Il y a un sous-investissement global. Carnon est presque oubliée, sauf quand il s’agit d’y chercher de l’argent, alors qu’elle devrait être gérée comme le centre-ville de Mauguio.
Et à Mauguio, quels sont les enjeux principaux ?
Le problème majeur est celui de la transformation de la ville, avec la multiplication des immeubles et notamment la construction de la Font de Mauguio. Cela a provoqué un rejet d’une partie de la population. À mon avis, ce n’était pas la bonne solution pour répondre à la problématique du logement. L’enjeu est de ne pas devenir une banlieue de Montpellier, de conserver l’esprit de village, le centre-ville commerçant, les maisons et l’identité de Mauguio.
Faut-il arrêter de construire ?
Non, il ne s’agit pas d’arrêter de construire, mais de créer un cadre urbanistique clair, notamment lors de la révision de l’urbanisme, pour que les nouveaux logements s’intègrent dans l’objectif de conserver l’esprit de Mauguio. Il ne faut pas se transformer en villes dortoirs comme Castelnau-le-Lez ou Juvignac. De toute façon, on ne pourra pas loger tout le monde à Mauguio. Passer de 20 000 à 25 000 habitants n’est pas possible. Les inondations ont montré que nous sommes sur un territoire où l’on ne peut pas s’étendre et construire partout.
Justement, vous parlez d'inondations, quelle est votre position sur les questions environnementales ?
Je souhaite préserver les terres agricoles. Il y a aussi une problématique dont on parle peu, mais qui est très importante pour les agriculteurs : la surpopulation des lapins. Un agriculteur me disait récemment que cela lui avait coûté 70 000 salades sur une année. On voit des colonies de lapins partout, ce qui crée un déséquilibre écologique et a des conséquences directes sur les maraîchages melgoriens, essentiels pour l’approvisionnement de Montpellier.
Quel peut être le rôle du maire sur ce sujet ?
Le maire a un poids politique. Si je suis élu, j’irai voir les autorités compétentes pour demander les autorisations nécessaires à une régulation de la population, car il y a aujourd’hui un déséquilibre écologique. Plus largement, l’environnement, c’est aussi lutter contre les dépôts sauvages, entretenir les espaces naturels, veiller au trait de côte face au recul des plages et réfléchir à l’échelle du golfe d’Aigues-Mortes pour comprendre pourquoi le sable ne revient plus. Il y a également la question de la cabanisation et celle des pistes cyclables, qui sont parfois réduites à un simple trait de peinture sur la route et ne constituent pas de vraies pistes sécurisées.
Qu’est-ce qui vous distingue des autres candidats ?
Beaucoup de candidats ont participé au mandat d’Yvon Bourrel et sont, selon moi, co-responsables de l’état actuel de la commune. Cela les disqualifie pour proposer une véritable alternative.
De mon côté, j’ai une forte énergie, une réelle volonté d’agir et d’aider les gens au quotidien. J’ai aussi une expérience solide dans les collectivités locales, ce qui me permet de connaître les solutions et la manière de les mettre en place. J’ajoute à cela la cohérence de mon engagement et de mes positions.
Le fait de ne pas être originaire de Mauguio est-il un handicap ?
Non. On ne choisit pas où l’on naît. Ne pas être né à Mauguio m’a permis de voir d’autres horizons. Ayant grandi en banlieue parisienne, je sais à quelle vitesse une ville peut évoluer quand elle fait de mauvais choix à proximité d’une métropole. Je me suis parfaitement intégré à la vie melgorienne. J’ai appris et assimilé cette identité, que je fais aujourd’hui mienne. Quand on vient d’un territoire sans identité locale forte, on mesure à quel point c’est précieux et qu’il faut la défendre pour éviter de devenir une ville-dortoir.
Où en est la constitution de votre liste ?
Ma liste est presque complète. Il manque encore quelques noms et j’invite celles et ceux qui souhaitent s’engager à venir le faire.
Quelle serait votre première décision en tant que maire ?
Remettre l’éclairage public nocturne. Ce n’est pas seulement une question de sécurité liée aux vols ou aux cambriolages. Quand il fait nuit noire, notamment à Mauguio, il est très compliqué de se déplacer. C’est angoissant pour les habitants lorsqu’ils sortent des commerces, du théâtre ou rentrent chez eux. L’absence de lumière est un vrai problème au quotidien, notamment en automne avec les feuilles mortes glissantes. Remettre l’éclairage public la nuit sera ma première décision. De plus, je garantis qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts si je suis élu maire. Et je serai le maire qui va retisser les liens entre Mauguio et Carnon.





