L’objectif était clair : rassurer, expliquer et rendre compte de l’avancée d’une campagne jugée déterminante pour éviter l’installation durable de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le département, selon la préfecture de l'Hérault... Bien que celui-ci ne soit pas le plus concerné par l'élevage des bovins et de ce fait par la propagation de la maladie, un point d'étape dans la campagne de vaccination lancée le 19 décembre dernier s'imposait.
"Ne rien faire reviendrait à condamner un élevage entier"
La DNC, parfois qualifiée de "variole bovine", est une maladie virale contagieuse, classée "parmi les plus préoccupantes à l’échelle mondiale pour l’élevage", a-t-il été rappelé lors de ce point presse. Au-delà des pertes de production, la maladie peut entraîner une mortalité significative et, surtout, la destruction totale d’un outil de travail. "Ne rien faire reviendrait à condamner un élevage entier", a résumé Laurent Sené, président du syndicat des éleveurs de l'Hérault, rappelant les témoignages d’éleveurs de régions déjà touchées, confrontés à l’abattage intégral de leur cheptel après une propagation incontrôlée.
"Trois piliers indissociables" : abattage, restrictions et vaccination
Face à cette menace, "la stratégie sanitaire repose sur trois piliers indissociables : l’abattage des troupeaux infectés, l’interdiction des mouvements d’animaux dans un rayon de 50 km autour des foyers, et la vaccination massive dans cette même zone", a martelé la nouvelle préfète, Chantal Mauchet.
Initialement concerné par une zone réglementée de 18 communes à l’ouest du département, à la suite d’un foyer détecté dans l’Aude, l’Hérault a obtenu, à la demande conjointe de la profession et de la préfète, l’extension de la vaccination à l’ensemble du territoire. Une décision validée par le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture, au nom de la solidarité entre éleveurs et de la protection du cheptel régional, a souligné Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault et vice-président de la FNSEA.
Plus de la moitié des bovins déjà vaccinés
Sur le terrain, la campagne avance. Au 5 janvier, 6 970 bovins avaient été vaccinés dans l’Hérault, soit 56 % des 12 400 animaux concernés à ce stade. Dans la zone réglementée, la priorité a été donnée aux élevages les plus exposés : presque tous les animaux y sont désormais vaccinés, à l’exception de quelques cas résiduels. "L’objectif affiché est d’atteindre rapidement une immunité collective efficace, définie à 75 % des bovins vaccinés sur 95 % des cheptels, d’ici la mi-janvier", a indiqué Yann Louguet.
Cette progression, qualifiée de "satisfaisante" par les autorités, s’explique, selon elles, par l’implication des vétérinaires et le soutien logistique de la Chambre d’agriculture, notamment pour la contention des animaux dans un département où "près de la moitié des élevages comptent moins de 20 bovins, souvent en système extensif", a précise Jérôme Despey.
Rassurer les éleveurs et les consommateurs
Lors de la conférence de presse, un accent particulier a été mis sur la pédagogie. Plusieurs inquiétudes persistent chez les éleveurs, notamment concernant la vaccination des vaches en fin de gestation ou la commercialisation de la viande côté consommateurs. "Il n’y a aucun délai d’attente après la vaccination, ni aucun risque pour la consommation", a insisté Yann Louguet, directeur de la DDPP 34, rappelant que les vaccins sont commandés par l’État et administrés par les vétérinaires - une trentaine dans l'Hérault - dans le cadre d’une mission de service public.
Aude Geiger, élue en charge de la filière élevage à la Chambre d'agriculture de l'Hérault, a également souligné l’importance du dialogue de terrain : appels individuels, réunions collectives et accompagnement technique pour lever les craintes et éviter la désinformation, "notamment sur les réseaux sociaux", a-t-elle souligné.
Aucun cas détecté dans l'Hérault
À ce stade, aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse n’a été détecté dans l’Hérault. Mais pour la préfète Chantal Mauchet, la vigilance reste de mise. "La situation est suffisamment grave pour justifier une mobilisation totale et coordonnée", a-t-elle rappelé, saluant un travail "co-construit" entre services de l’État, profession agricole et vétérinaires. Une campagne rondement menée dans un département, somme toute, peu concerné.





