Après un peu plus d'une heure d'audition à la gendarmerie de Bédarieux, Arnaud Poitrine, porte-parole de la Coordination rurale de l'Hérault (CR34), sort agacé. Avec son collègue Laurent Crouzet, il a été auditionné à la brigade le lundi 31 mars pour des faits de dégradations légères, sans avoir été placé en garde à vue. Il raconte que leurs empreintes digitales ont été prises, ainsi que leurs photos, et leur ADN prélevé. “Comme si on avait commis des exactions phénoménales ou comme si on était des criminels”, s’indigne le syndicaliste, qui est allé à cette audition libre sans avocat.
"On conteste le terme de dégradation"
Le 19 janvier dernier, des membres de la CR34 avaient déversé du plâtre et de la farine devant les locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB) de Pérols, Grabels et Bédarieux. Ils avaient aussi tagué des messages contre un agent de la police de l’environnement qui avait assimilé les agriculteurs à des trafiquants de drogue sur une radio nationale. Le préfet de l’Hérault avait porté plainte, ainsi que le maire de Bédarieux.
“On reconnaît les faits mais on conteste le terme de dégradation car il n’y a pas eu de casse et on ne s’est pas introduit sur le site. On a seulement tagué avec de la peinture de chantier qui se nettoie à l’eau et on a mis un peu de farine et de plâtre par terre”, se justicie M. Poitrine. “On conteste donc le montant des frais de nettoyage annoncés par la mairie qui ont été surévalués”, continue-t-il. Il assure qu’il est allé à la rencontre du maire de Bédarieux, qui a été “fermé au dialogue”.
"Deux poids, deux mesures"
“C’est deux poids deux mesures. Quand nous, la CR34, on fait quelques tags et on met un peu de farine par terre, l’État porte plainte. Mais quand c’est la FDSEA qui déverse du fumier, il n’y a aucune convocation”, s’agace Benjamin Bajada, président de la CR34.
C’est maintenant au procureur de prendre une décision concernant les suites judiciaires de cette affaire.





