Le 1er octobre, un arrêté de la préfecture de l’Hérault a interdit toute manifestation dans le secteur de l’Écusson à Montpellier et a limité la participation au cortège aux seuls adhérents, militants et sympathisants de l’intersyndicale organisatrice. Cette décision a immédiatement suscité une réaction de la LDH de Montpellier, qui, avec des syndicats et associations de défense des libertés publiques, a déposé un recours en référé-liberté pour faire suspendre l'exécution de cet arrêté.
Le lendemain, peu avant la manifestation intersyndicale du 2 octobre, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu l’arrêté, reconnaissant “l’atteinte grave et manifestement illégal portée au droit de manifester et à la liberté d'expression collective de ses idées et de ses opinions”.
Arrêté "grave et inédit"
Pour la LDH de Montpellier, cette mesure est "grave et inédite” : “Il est inacceptable que la préfecture s'arroge le droit de trier entre les manifestants et décident de la validité de leurs slogans”, souligne l’organisation.
Dans un communiqué le 2 octobre, le préfet avait pris acte de la décision du tribunal tout en regrettant que "les mêmes qui depuis le 18 septembre critiquent ma prétendue inaction contre l’extrême droite me privent aujourd’hui d’un moyen de prévention de ces faits". Il fait référence à des violences qui auraient été commises par des groupes d'extrême droite en marge de la manifestation du 18 septembre dernier.
La LDH rappelle que les mesures prises par le préfet étaient également fondées sur la présence, dans la manifestation, de ce qui est présenté comme "des individus au profil black block" qui auraient scandé des slogans tels que "tout le monde déteste la police" et "police partout, justice nulle part".
"Apporter une réponse claire aux violences commises par des groupes d'extrême-droite"
La LDH rappelle cependant que "l’objectif légitime de lutter contre les violences d’extrême droite ne doit jamais être utilisé comme prétexte pour limiter les droits fondamentaux et les libertés démocratiques".
Face à cette situation, la LDH de Montpellier appelle les autorités "à apporter une réponse claire et ferme aux violences inacceptables commises par des groupes d’extrême-droite et à cesser de s’en prendre à nos libertés fondamentales".





