Hérault Tribune

Montpellier : le chantier de l’Hôtel des sécurités de Celleneuve est lancé

La première pierre de l’Hôtel des sécurités a été posée, ce jeudi 4 décembre au matin, à Montpellier, lançant un chantier de 65 millions d’euros qui doit regrouper, d’ici 2029, l’ensemble des services municipaux et métropolitains dédiés à la sécurité.

par Cyril Durand

Publié le 4 décembre 2025 à 17h16 · Modifié le 7 janvier 2026 à 22h10

Sébastien Cote et le maire Michaël Delafosse ont posé la première pierre de ce chantier à 65 millions d'euros. © C. D.

La Ville de Montpellier a posé, ce jeudi 4 décembre, la première pierre de l’Hôtel des sécurités, un équipement de 65 millions d’euros destiné à regrouper, moderniser et professionnaliser l’ensemble des services municipaux et métropolitains chargés de la sécurité et de la tranquillité publique. Installé sur le site de l’ancien bidonville de Celleneuve, résorbé en 2021, le bâtiment est censé incarner l’un des engagements structurants du mandat de Delafosse : renforcer la présence des forces de l’ordre, améliorer leur coordination et doter l’ouest de Montpellier d’un pôle public de grande ampleur.

En ouvrant la cérémonie, Michaël Delafosse a tenu à rappeler l’histoire sensible du terrain. "Pendant sept ans, dans l’indifférence générale, 250 personnes vivaient ici dans des conditions indignes, deux décès avaient même été constatés. Nous avons dû tout inventer pour résorber ce bidonville dans la dignité", a-t-il souligné, estimant "irresponsable qu’une telle situation ait pu prospérer si longtemps". Pour le maire, ce chantier s’inscrit dans le rééquilibrage de la ville vers l’ouest, aux côtés de la rénovation urbaine de la Mosson, de l’arrivée prochaine de la DDFIP, du siège d’Altémed et de l’implantation d’un nouvel équipement hospitalier.

Près de 450 agents sur un site de 13 000 m2

L’Hôtel des sécurités doit réunir en un même site près de 450 agents : police municipale, police métropolitaine des transports, sécurité civile, services de prévention, supervision urbaine et poste de commandement TAM. Un changement d’échelle pour des services jusqu’ici éclatés dans une multitude de bâtiments, parfois vétustes et coûteux. "Nous sommes aujourd’hui multi-sites, avec des locaux dégradés et des loyers importants. Rien que l’ancien hôtel de ville, c’est 300 000 euros de dépenses énergétiques par an. La rationalisation est indispensable", a insisté le maire.

Le futur complexe de 13 000 m² accueillera notamment un centre de supervision urbain unifié reliant l’intégralité des caméras de la Ville et de la TAM, un dispositif pensé pour gagner en efficacité opérationnelle. "Demain, tout le monde sera dans le même bâtiment : police municipale, PC TAM, vidéoprotection. Dans les situations de crise, cet effet de proximité fera la différence", a assuré Michaël Delafosse.

Un stand de tirs de 25 mètres

Aux côtés du maire, l’adjoint à la sécurité Sébastien Cote a détaillé les fonctionnalités de l’équipement, parmi lesquelles un stand de tir de 25 mètres directement intégré au site. "Ce stand permettra à notre police municipale de s’entraîner sans dépendre du bois de Montmaur, très dégradé et source de nuisances pour les riverains. Il pourra aussi être loué à d’autres polices municipales. C’est un outil de professionnalisation mais aussi un investissement pensé pour la métropolisation des politiques de sécurité", a-t-il expliqué.

Seront également regroupés dans l’Hôtel des sécurités les services chargés de la prévention de la délinquance, de la santé publique et environnementale, de l’occupation du domaine public, de la gestion des terrasses et de la sécurité civile, autant d’unités qui concourent aux pouvoirs de police du maire. "On a besoin de se coordonner pour tenir l’espace public", a insisté l’adjoint Sébastien Cote.

Livraison en 2029

Le projet, conçu par par le Groupe-6 Architectes et Archi Graphi, prévoit également 3 437 m² d’espaces paysagers, un dojo, 380 places de stationnement et 104 emplacements vélos. Une surface de 3 020 m² sera destinée à accueillir des entreprises du secteur de la sécurité ou de la cybersécurité, un choix assumé par le maire. "Nous avons à Montpellier un écosystème très dynamique. Ces entreprises pourraient devenir locataires ou propriétaires, ce qui permettrait de contribuer au financement du bâtiment. On ne fait plus comme avant : il faut trouver des modèles économiques innovants." Ainsi, environ 4 000 m2 de bâtiment pourront être loués.

Les travaux débuteront au premier trimestre 2026 pour une livraison attendue fin 2029. "Ce bâtiment, c’est la coordination et l’efficacité. Si nous ne parlons pas, nous ne sommes pas efficaces", a conclu Michaël Delafosse, estimant que l’Hôtel des sécurités constituera un pivot de la politique publique menée en matière de protection des Montpelliérains. Réponse en 2029.