Sébastien et sa fille Cléo se font arrêter par des policiers le lundi 8 décembre, vers 17h30, à la tombée de la nuit, sur la piste cyclable qui longe la place Albert-1er à Montpellier. “J’ai des lumières mais pas ma fille”, avoue le père qui utilise son vélo tous les jours pour se déplacer. “Je les faisais charger et j’ai oublié de les mettre dans mon sac”, se justifie la jeune élève de primaire.
Mais ce soir, pas de verbalisation ni d’amende de 35 euros. L’association Le bonheur à vélo distribue, gratuitement, lumières blanches pour l’avant du vélo, lumières rouges pour l’arrière, casques jaune fluo ou gilets réfléchissants. Une opération en partenariat avec la préfecture de l’Hérault.
Toute la soirée, les bénévoles se sont positionnés sur cet axe stratégique, très fréquenté à l’entrée du centre-ville à l’heure de pointe, au moment où le soleil se couche et la lumière diminue rapidement. Ce jour-là, selon le compteur installé par la Métropole de Montpellier, près de 2 000 vélos sont passés, soit 693 540 depuis le 1er janvier 2025.
24 accidents et 1 décès en 2025
“Il y a de plus en plus de monde qui utilise le vélo et la trottinette mais cela implique de nouveaux risques pour la sécurité routière”, constate aussi Thibaud Félix, directeur de cabinet du préfet de l’Hérault. Mais il constate que les actions de prévention portent leurs fruits. À Montpellier en 2024, 48 accidents ont été recensés, contre 24 en 2025. Trois personnes ont été tuées en 2024 dans la Métropole, contre une seule en 2025. “Les chutes et décès baissent alors que la fréquentation augmente donc ça veut dire que les bons réflexes commencent à rentrer dans les mœurs”, estime le directeur de cabinet. Il rappelle que les dangers sont plus grands la nuit car les réflexes de mettre les phares sont moins ancrés que pour les véhicules motorisés.
“On fait ces opérations depuis cinq ans à cette période de l’année car c'est le moment le plus dangereux, les journées finissent tôt et il faut de l’éclairage pour voir mais surtout pour être vus”, rappelle Julien Cabardi, directeur de l’association Le bonheur à vélo de Montpellier. “On offre le matériel et on rappelle les règles.”
Lumières obligatoires
Pour les vélos, les lumières, la sonnette, le gilet rétro-réfléchissant hors agglomération, le casque pour les moins de 12 ans et les cadatioptres sont obligatoires. Les casques pour adulte, les rétroviseurs et les pneus et bandes latérales réfléchissantes sont recommandés mais pas obligatoires.
En cinq ans, Julien Cabardi a remarqué que la ville de Montpellier est dotée de plus d’aménagements qui incitent à prendre le vélo mais qu’il n’y a “pas forcément une prise de conscience qu’il faut s’équiper”, surtout pour les lumières. Pour le casque, il remarque que “de plus en plus d’adultes en mettent”. Il l’explique par le fait que de plus en plus circulent avec des vélos électriques plus rapides au démarrage et qui sont plus lourds.
"Je suis contente d'avoir un nouveau casque"
Germaine met toujours un casque mais Aurélien, bénévole du Bonheur à vélo, lui conseille d’en prendre un neuf. “Je l’avais depuis longtemps et il m’a dit qu’il est périmé au bout de cinq ans. Et puis j’étais tombée l’année dernière sur la tête avec mon vieux casque, je suis contente d’en avoir un nouveau gratuitement !”, se réjouit la septuagénaire qui file pour être à l’heure à son cours de gym.
Beaucoup se font arrêter pour ne pas avoir de lumières, comme Louise, collégienne qui a oublié les siennes. “Maintenant, je peux rentrer en toute sérénité, je me sens encore plus protégée”, se réjouit-elle.
D’autres viennent récupérer des gilets orange avec des bandes réfléchissantes, comme ce père d’un adolescent de 17 ans. “Nous habitons à Baillargues, mon fils utilise le vélo le soir pour aller au sport mais il n’y a pas de d’éclairage ni de piste cyclable. Je serai davantage rassuré s’il porte ce gilet”, témoigne-t-il avant de rentrer chez lui, le précieux matériel sous le bras.





