À Palavas-les-Flots, cité méditerranéenne d’environ 6 000 habitants l’hiver, la population se multiplie par quinze en plein été, dépassant les 90 000 estivants. Une arrivée spectaculaire qui change radicalement la physionomie de la commune. “Ce lieu est l’illustration parfaite du phénomène d’afflux saisonnier que nous observons partout dans l’Hérault”, note le général Thomas Deprecq, commandant la gendarmerie départementale. C’est donc logiquement ici que s’est tenue la présentation officielle, devant l’hôtel de ville, où gendarmes et élus locaux ont découvert les moyens mis en œuvre pour garantir la sécurité d’un territoire en mouvement.
Un dispositif renforcé
Le département de l’Hérault connaît, en été, un doublement de sa population habituelle : “plus de 2,4 millions d’habitants sont présents chaque jour, soit autant que la population totale de la région Occitanie en un instantané”, rappelle le général. Pour faire face à cette densité exceptionnelle, la gendarmerie a considérablement augmenté ses effectifs : de 140 agents l’an dernier, elle passe à 172 en 2025.
Mais au-delà des chiffres, c’est leur origine géographique qui est un élément clé de la stratégie. “Ces renforts viennent essentiellement de l’Hérault et de la région Occitanie. Ils connaissent le terrain, les habitudes, les fêtes. Cette connaissance locale fait toute la différence”, explique Thomas Deprecq.
Pour le patron de la gendarmerie, l’objectif est d’assurer “une couverture complète”, en formant “une véritable double ligne de défense” : sur le littoral très fréquenté, mais aussi dans l’arrière-pays, souvent moins visible mais tout aussi stratégique. “En montrant du bleu, on limite la création de zones où la délinquance pourrait s’installer”.
Palavas, microcosme d’une vigilance
Sur place, Palavas donne un avant-goût concret des opérations. Chaque jour, une quarantaine de patrouilles déploient leur présence sur la commune, sur les plages, les campings, les ports, et jusqu’à l’arrière-pays proche. L’image est forte : hélicoptère dans le ciel, gendarmes à moto électrique sur le sable, chien de recherche, patrouilles régulières, tous jouent un rôle complémentaire.
“Chaque secteur exige une vigilance particulière, pour ne pas laisser de zones d’ombre”, insiste le général. Ce souci est d’autant plus prégnant que Palavas doit gérer une population estivante aux profils variés (familles, jeunes fêtards, touristes étrangers) et des risques réguliers : incivilités, vols, rassemblements nocturnes.
Et si la gendarmerie annonce un dispositif “robuste et structuré”, elle le rappelle sans détour : la sécurité ne saurait reposer sur ses seuls épaules. “En plein été, nous recevons près de 1 000 appels d’urgence chaque jour, pour environ 150 interventions”, glisse le général Deprecq. Alors, ce jeudi matin, les gendarmes ont fait circuler des tracts, porteurs d’un message clair : connaître les bons réflexes, savoir signaler, et surtout, s’impliquer.





