Selon une information de Métropolitain, plusieurs élus écologistes membres de la majorité municipale de Montpellier ont été exclus temporairement d’Europe Écologie Les Verts. Une décision nationale qui acte publiquement la profonde division des écologistes locaux à un peu plus de deux mois des municipales, entre ligne de rupture et stratégie de rassemblement autour de la majorité sortante.
Sanctionnés pour "campagne dissidente"
Le conseil disciplinaire national d’EELV a notifié une exclusion temporaire de trois mois à quatre élus écologistes de la majorité municipale et métropolitaine : Marie Massart, Bruno Paternot, Fatma Nakib et Stéphane Jouault. Tous occupent des fonctions exécutives au sein de la Ville ou de la Métropole, au sein de la majorité conduite par Michaël Delafosse.
Marie Massart indique avoir appris son exclusion par un courrier électronique en recommandé, reçu dans la nuit du 7 au 8 janvier, après avoir été entendue mi-décembre par le conseil de discipline national d’EELV. Le motif retenu est celui d’une "campagne dissidente", qualification qu’elle conteste. "Il n’y a jamais eu de fait marquant une campagne dissidente", affirme-t-elle, rappelant que son engagement public visait avant tout à défendre une ligne politique qu’elle juge cohérente avec le contexte local et national.
Pas de campagne sous le logo des Écologistes
L’élue écologiste explique ne pas se reconnaître dans la stratégie portée localement par EELV, qui a désigné le député Jean-Louis Roumégas pour conduire le Printemps montpelliérain sur une ligne de rupture avec la majorité sortante. Une orientation jugée trop autonome et frontalement opposée à l’exécutif municipal, alors même que, selon elle, les convergences programmatiques sont nombreuses.
"C’est une ligne très anti-majorité sortante, que nous ne défendions pas et qui, de notre point de vue, va dans le mur", insiste l'élue. Elle revendique au contraire une logique de continuité, estimant que "dans la grande majorité des sujets, nous sommes plutôt en convergence. Nous appelons depuis longtemps au rassemblement de la gauche et des écologistes", affirme-t-elle avant d'ajouter qu'une divergence aussi marquée "n’a aucun sens" au regard du contexte politique national et international.
"Je suis sûre de ma ligne politique"
Suspendus du parti, les élus concernés ne peuvent plus faire campagne sous le logo des Écologistes. Pour autant, ils entendent poursuivre leur engagement politique à Montpellier au sein du collectif "Écologistes pour Montpellier", déjà structuré et actif sur le terrain. Marie Massart souligne que cette ligne a été affirmée publiquement lors d’un rassemblement organisé début décembre place Max-Rouquette, autour de la défense du bilan de la mandature et d’une stratégie d’alliance.
Sur le plan personnel, la décision est vécue comme une épreuve. Militante écologiste depuis 25 ans, l’adjointe déléguée à la politique alimentaire et à l’agriculture urbaine est affectée. "Je considère que je n’ai pas démérité. J’ai été élue sous un logo écologiste et j’ai mis en œuvre une politique publique écologiste. Je trouve cette décision injuste", confie-t-elle. Pour autant, elle affirme assumer pleinement ses choix. "Je suis sûre de ma ligne politique et je ne veux pas me laisser entraîner dans une stratégie avec laquelle je ne suis pas du tout d’accord".
"Les Écologistes restent mon parti de cœur"
Si elle déplore vivement la décision locale et ses répercussions, elle affirme rester en accord avec les orientations nationales et la ligne défendue par Marine Tondelier, notamment sur la nécessité du rassemblement et de l'union avec la gauche. La suspension prendra fin début avril, soit après les élections municipales. Une réintégration automatique est prévue, sans préjuger des choix politiques qui seront alors faits.
À ce stade, Marie Massart exclut toute adhésion à une autre formation politique et dit vouloir poursuivre la campagne dans le cadre du collectif qu’elle a contribué à créer, en attendant l’issue du scrutin et ses conséquences locales. "Les Écologistes restent mon parti de cœur", insiste l'adjointe.
À deux mois du vote, cette sanction disciplinaire officialise une fracture visible depuis longtemps sur le terrain et confirme l'incapacité de l’écologie politique montpelliéraine à parler d’une seule voix





