Hérault Tribune

Chassé-croisé des vacances : au péage de Baillargues, les gendarmes en "vigilance maximale"

Ce vendredi 1er août, l’été est à son paroxysme, et avec lui, les risques sur la route. Sous un soleil de plomb, les gendarmes ont multiplié les contrôles cette après-midi sur l’A709, au péage de Baillargues, dans le sens Nîmes > Montpellier. L’objectif : prévenir les comportements à risque à la veille du chassé-croisé estival, le plus dense de l’année.

par Louise Brahiti

Publié le 1 août 2025 à 18h25 · Modifié le 6 janvier 2026 à 22h54

Contrôle au péage de Baillargues ©L.B/Hérault Tribune

Plus de 200 000 véhicules sont attendus sur l’A709 en seulement 24 heures. Face à cette vague motorisée, ce vendredi, les gendarmes de l’Escadron départemental de la sécurité routière (Edsr 34), renforcés par les brigades motorisées de Lunel et Castelnau-le-Lez, ont investi les abords du péage de Baillargues. Une quinzaine de militaires, casquette vissée, éthylotests en main, filtrent les voitures dans le vacarme des moteurs et l’odeur chaude du bitume.

“On est ici à la veille de la journée la plus critique de l’été”, prévient Thibaut Félix, sous-préfet de l’Hérault. Le ton est grave, et pour cause : depuis le début de l’année, 34 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, contre 24 sur l'année 2024. “C’est un très mauvais bilan. Et dans un tiers des cas, l’alcool ou les stupéfiants sont en cause.”

Contrôles ciblés et pédagogie sur le terrain

Le peloton d’autoroute de Poussan est en première ligne. À sa tête, le capitaine Frédéric Gros, qui commande le dispositif du jour, insiste : “Ce type d’opération a deux objectifs : contrôler, évidemment, mais aussi prévenir. On explique aux gens comment bien préparer leur trajet, on leur parle d’arrimage des bagages, de gilet jaune, de pneumatiques… On n’est pas là pour multiplier les sanctions, mais pour rappeler les règles. Sur autoroute, tout va vite, et la moindre erreur peut avoir des conséquences lourdes”.

Mais c’est tout de même une démonstration de force : une dizaine de véhicules de gendarmerie, dont cinq motos disposées juste à la sortie du péage, encouragent fortement les automobilistes à être prudents.

Les conducteurs repérés par les forces de l’ordre sont sommés de se ranger sur le bas-côté. Certains automobilistes se retrouvent immobilisés pour un défaut d’assurance, d’autres pour un permis non prorogé. “Rien de spectaculaire aujourd’hui, mais c’est indispensable”, souffle un gendarme en poste depuis 14h30. Et au moindre doute, le dépistage s’impose : alcoolémie, stupéfiants, tout est passé au crible. Car au cœur de ce chassé-croisé, la vigilance est une obligation partagée, pour les conducteurs comme pour les forces de l’ordre.

Une opération renforcée… et incarnée

Ici, pas de motards attitrés dans le peloton, mais un renfort ponctuel de brigades motorisées voisines. Les réservistes, eux aussi, sont bien présents : deux ce jour-là. Le capitaine tient à les saluer : “Certains sont chefs d’entreprise, d’autres infirmiers. Ils donnent de leur temps bénévolement pour renforcer nos rangs. Leur rôle est essentiel, surtout en période estivale.”

À l’ombre rare d’un fourgon, une dizaine de PV ont déjà été dressés : stupéfiants, permis annulé, défaut d’assurance… Rien de spectaculaire, mais un échantillon de ce que les gendarmes rencontrent chaque été. Et des PV et enquêtes pourront s'ouvrir a posteriori : “On a la vidéoprotection de Vinci, les caméras piétons, les barrières automatiques… Mais rien ne remplace le contact humain et l’explication”, rappelle le capitaine Gros. “Une verbalisation bien expliquée est souvent mieux acceptée.”

Le sous-préfet prévient : “Les contrôles se poursuivront tout le week-end, partout dans le département. Ce sera visible. Le danger n’est pas une fatalité. Il se prévient. Il se contrôle. Il se combat."

L'Hérault, destination de vacances… et d’intervention

Le dispositif n’est pas limité au péage de Baillargues. Trois patrouilles tournent en permanence sur le réseau autoroutier du département, sans compter les brigades motorisées sur les routes secondaires. "L’Hérault, c’est une terre de villégiature", poursuit le sous-préfet. "Les campings, les plages, le climat… tout attire. Mais cela signifie aussi plus de monde, plus de risques."

Ce vendredi-là, la “pêche” n’a rien d’exceptionnelle (sur les 87 personnes et 85 véhicules contrôlés, 12 verbalisations), mais elle est suffisante pour illustrer la nécessité d’un contrôle accru. À l’approche du 2 août - classé noir par Bison Futé - la gendarmerie est sur le pont. Et les conducteurs, eux, sont invités à lever le pied…