Une centaine de personnes se sont rassemblées ce samedi 4 octobre après-midi, en face du terrain de cinq hectares qui devrait accueillir le futur centre de rétention administrative (CRA) de Béziers, au nord-ouest de la ville, au Gasquinoy, face au centre pénitentiaire.
L’objectif : montrer leur opposition au projet de l'État soutenu par le maire de la ville, Robert Ménard. “Une enquête publique a été réalisée entre le 22 août et le 10 septembre pour modifier le plan local d’urbanisme (PLU) car ce terrain agricole n’est pas constructible. Un calendrier en fin d’été et à la rentrée qui est peu propice”, dénonce Nicolas, l’un des membres du collectif anti-CRA de Béziers. “Il n’y a pas eu de véritable consultation, pas de débat en public”, continue le militant qui pointe du doigt le manque de transparence de la Ville.
Les manifestants ont tenté de rentrer en début d’après-midi sur le terrain du CRA pour y planter un olivier et de coquelicots. Ils en ont été empêché par les policiers présents sur place. Ils se sont donc contentés de défiler pacifiquement avec une fanfare sur le bord de la route jusqu’à un rond-point. “La police avait des ordres clairs pour qu’on ne s’approche pas du terrain”, regrette Nicolas. Finalement, en fin de journée, ils ont réussi à s’y introduire pour y planter l'arbre et les fleurs.
"Contre l’enfermement des personnes pour des raisons administratives"
Ce collectif, composé notamment de la Cimade, de la Ligue des droits de l'homme, de la France insoumise et de la Confédération paysanne, est opposé au CRA car il est “contre l’enfermement des personnes pour des raisons administratives”, explique Nicolas. “Comme le montre le Cour des comptes, ce n’est pas efficace, ça coûte cher et les résultats ne sont pas bons. Les gens en ressortent fissurés”, continue le militant.
Lui aurait préféré que l’argent public investi dans le CRA servent à d’autres projets comme des centres aérés pour les enfants ou des centres de santé. “On manque d’infrastructures publiques à Béziers”, estime-t-il. Le projet de 40 millions d'euros est entièrement financé par l'État.





