L’opération n’était pas isolée. Elle fait suite à des instructions nationales très claires données par le ministère de l’Intérieur et de l’Éducation nationale, après le drame survenu à Yerres dans l’Essonne, où Sékou, 17 ans, a perdu la vie lors d’une rixe entre bandes rivales devant son lycée le lundi 24 mars dernier.
Une opération encadrée et bien accueillie
Conformément aux directives, cette intervention s’est déroulée sous couvert d’une réquisition du procureur de la République, permettant l’inspection des sacs. La présence d’un chien de recherche de stupéfiants et la fouille des deux-roues ont complété le dispositif. Aucune arme ni substance illicite n’ont été découvertes. Un résultat identique à celui observé lors d’une précédente opération similaire, au collège René-Cassin d’Agde, le 28 mars dernier, où 242 élèves avaient été contrôlés.
Une démarche de prévention et de dissuasion
Le commissaire de police Thierry Jousseaume, chef de la circonscription de la police nationale d’Agde, explique la philosophie de cette mobilisation : « Nous avons reçu le 26 mars 2025 des instructions conjointes du ministre de l'Intérieur et du ministre de l'Éducation nationale nous demandant d'être plus présents aux abords des collèges et les lycées. Les instructions font suite à plusieurs rixes entre adolescents avec usage d'armes, notamment de couteaux, et ayant fait des victimes sur le territoire national. »
Et de détailler les deux axes de travail principaux : « D'abord prévenir et dissuader, par notre présence et nos passages réguliers, tout phénomène de rixe ou de bagarre entre collégiens et lycéens dans ou aux abords des établissements scolaires. En ce sens, nous partageons la surveillance des établissements scolaires sur Agde avec la police municipale, en totale coordination partenariale. »
L’arsenal de prévention comprend aussi un maillage technologique : « Nous intervenons quotidiennement dans les établissements scolaires, aux entrées du matin, aux sorties de fin de journée, en réalisant de nombreux passages. En complément, le dispositif de vidéosurveillance d'Agde nous est également utile pour cette mission. Puis, comme c'est le cas aujourd'hui, nous effectuons des opérations de sécurisation plus ciblées en compagnie de la police municipale. »
Une relation de proximité avec les établissements
En Agde, la collaboration entre les forces de l’ordre et les établissements scolaires semble bien huilée. Thierry Jousseaume insiste sur cette synergie : « Nous avons rencontré le chef d'établissement scolaire lors de nos réunions de groupes de partenariat opérationnel, et je possède parmi les effectifs un référent scolaire au commissariat d'Agde. Ce dernier a d'ailleurs réuni tous les chefs d'établissement en début d'année scolaire. C'est autant une occasion d'échanger, de se prévenir les uns les autres si nous devons détecter quelque chose d'anormal. »
Ce travail de fond semble porter ses fruits : « Depuis la rentrée scolaire, nous n'avons pas eu de rixes aux abords ou dans les établissements scolaires et pas d'armes blanches découvertes sur un élève. Nous n'avons pas eu à traiter de procédure particulière, hormis une affaire de happy slapping, c'est-à-dire une violence sur une élève filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Ces opérations vont se poursuivre jusqu'aux grandes vacances d'été. »
Réactions sur le terrain : entre surprise et soulagement
Du côté des élèves, la surprise était au rendez-vous, mais aussi sous forme de compréhension : « Cela surprend quand même, et fait un peu peur quand on voit autant de voitures de police, mais après, lorsque l’on sait pourquoi ils sont là, ça rassure », confie un collégien. Un autre ajoute : « Quand on n’a rien à se reprocher, je ne vois pas le problème. Au contraire, on se sent plus en sécurité. Et au final, j’ai discuté avec eux, et ils sont cool". Les parents et les responsables du collège, eux aussi, ont bien accueilli l’initiative, qui renforce le sentiment de sécurité autour de l'établissement.
Agde, un cas à part ?
Thierry Jousseaume tient à rappeler un point important : « Sur Agde, nous n'avons pas de bandes et pas d'antagonisme ou d'identité forte de quartier, ce qui n'est pas forcément le cas partout. » Cette nouvelle opération de sécurisation au collège Paul-Émile-Victor s’inscrit donc dans une stratégie globale, qui vise à protéger sans stigmatiser, prévenir sans alarmer, et dissuader.





