Agde est une ville qui change d’échelle à chaque été. De 30 000 habitants, elle passe à 250 000 personnes en période de pointe touristique. Ce bouleversement exige une organisation sécuritaire sans faille. Vendredi 9 mai, le maire Sébastien Frey, les représentants de la police nationale et municipale, ainsi que le Benoît Desmartin, directeur interdépartemental de la police nationale de l'Hérault ont dressé un double bilan : celui de la saison 2024 et des dispositifs projetés pour l’été 2025.
“Nous ne voulons pas subir la saison, nous voulons la maîtriser, a posé d’entrée Sébastien Frey. Cela implique une forte réactivité, mais aussi une organisation fine, au jour le jour.”
Un été 2024 dense mais maîtrisé
L’an passé, les services de police ont été mis à rude épreuve. Le commissaire Thierry Jousseaume et Benoît Desmartin ont livré les chiffres-clés de l’été 2024 : 674 interpellations sur la commune d’Agde, dont 324 pour usage ou trafic de stupéfiants, 50 pour vols avec violence, 47 pour violences volontaires et 6 pour port d’armes prohibées.
"Agde doit rester une ville de détente, pas un terrain de confrontation, a insisté Benoît Desmartin. C’est pourquoi nos effectifs ont été renforcés, y compris avec l’appui d’unités mobiles et spécialisées." Cette pression policière constante semble porter ses fruits. Entre 2023 et 2024, la délinquance générale a reculé de 8 % sur Agde. Mieux : la délinquance de voie publique (violences, dégradations, incivilités) a baissé de 16 %, avec une tendance confirmée sur la période estivale (-14 %).
Présence sur le terrain et CSU en alerte
Sur le front de la police municipale, les chiffres sont également parlants. "Le CSU a traité 7000 appels en juillet et août, ce qui a généré 2137 interventions et 44 extractions judiciaires", a précisé Luc Larose, directeur de la police municipale.
Ce centre de supervision urbain, tour de contrôle, travaille en lien direct avec les patrouilles pour intervenir au plus vite. Résultat : 1730 personnes ont été accueillies au poste, 157 verbalisations pour tenue inappropriée, 85 objets interdits saisis et 62 interpellations au Mont-Saint-Loup pour non-respect des restrictions d’accès. "Le Mont-Saint-Loup, site naturel sensible, a fait l’objet d’une surveillance constante en période de risque incendie, explique Luc Larose. Malgré les barrières, des individus tentent toujours d’y accéder."
La traque des zones grises
Autre zone sensible : les plages, notamment sur le front du colportage illégal, visé par un arrêté municipal. "Nous avons verbalisé 95 personnes en 2024. Ce ne sont pas de simples vendeurs à la sauvette : certains font partie de réseaux structurés venus de Montpellier, qui nuisent à la sécurité sanitaire et à la concurrence loyale", a expliqué le chef de la police municipale. Des contrôles conjoints avec les services de l’État ont permis de relever des infractions aux normes de stockage des produits.
Côté événements, la ligne reste claire : aucun relâchement. "Qu’il s’agisse d’un feu d’artifice, d’un concert ou d’une manifestation spontanée, tout est anticipé ", a assuré le commissaire Jousseaume. Filtrage, barriérage, vidéosurveillance, équipes en appui : chaque rassemblement public fait l’objet d’une cellule d’anticipation réunie chaque semaine en mairie, avec la sous-préfecture.
Cap sur 2025
Cette année, la montée en puissance se fera plus tôt. "En 2025, les premiers renforts seront là dès la mi-juin", a annoncé Benoît Desmartin. Des unités supplémentaires interviendront sur le terrain, en complément des effectifs locaux, avec une attention particulière portée sur les zones de forte fréquentation.
Sébastien Frey veut en faire un marqueur politique : "La sécurité est la première mission que les pouvoirs publics doivent remplir. Sans elle, aucun droit ne peut être exercé sereinement. Et si des jeunes doivent être éduqués, cela n’exclut pas la sanction. Il ne peut pas y avoir de tolérance molle face à l’infraction."





